J'aime un souvenir décliné dans le temps. Passé, présent et futur.

Quelqu'un qui, quand il part, est comme ces feuilles mortes de l'automne pour moi: je vois qu'il n'est plus là, qu'il est trop loin pour que je puisse me le représenter avec exactitude, mais, à l'instar des feuilles mortes qui témoignent de l'ancienne magnificence de l'arbre, je conserve de lui un souvenir souvent inexact, parfois flou ou mélioratif, ou encore à la limite de l'irréel. Et je sais au plus profond de moi qu'il reviendra, tout comme l'émeraude de la nature réapparaît au printemps. Il est mon printemps, mon renouveau, mon nouveau départ.

Mon amour est timide et plein d'espoir, maladroit et rêveur. Il me fait agir comme le personnage d'une série télé dont le scénariste aurait décidé qu'il était temps d'écrire les aventures liées aux premiers soubresauts de mon coeur. De longs épisodes, mes journées, sont faits de quiproquos et de vérités à-demi avouées, comme si tous les coups de coeur passés, toutes les expériences que j'ai pu vivre avant cela n'avaient servis à rien. De plus, le scénariste de mon histoire ne semble pas vouloir voir mon bonheur accompli, car il prend ma peur comme prétexte et me fait toujours renoncer à avouer la vérité toute entière à celui que j'aime.

La peur... La peur qu'il en aime une autre, la peur que mes aveux ne le fassent fuir, la peur de ne pas trouver les bons mots, la peur que cela ne fonctionne pas et que notre amitié en soit brisée. La peur que cela dure, aussi. Parce que si la vérité a le pouvoir de rendre les choses éphémères et instables, elle peut aussi les faire durer, prolonger leur durée de vie, et c'est bien ça qui me fait peur, au fond. Oui, aimer, vivre en étant à la fois libre d'aimer autant qu'on veut et contraint de se borner à cet amour à tout moment, c'est superbe dans les livres, dans les films et dans l'imaginaire des petites filles, mais, dans la vie réelle, un être impulsif, lunatique, qui ne supporte aucun contrôle affectif pourra-t-il se maintenir à l'intérieur de ces bornes sans en souffrir? N'est-ce pas là une nouvelle passade, un leurre de ma passion qui se fanera aussi vite que le coquelicot privé de sa terre? Ai-je changé? Ou plutôt: cet amour peut-il me faire agir outre mes instincts alors que mes précédents coups de foudre ont échoué à cette tâche? A force d'avoir été brisée et reforgée par un passé peu fructueux ne vais-je pas reproduire malgré moi ce qui a fait naître cette rancoeur, cette fois encore, et fuir vers de nouveaux échecs au bout d'un laps de temps ridicule?

Mon amour, j'attends ton retour comme on attend le printemps. Trouve les mots, je t'en prie, pour m'encourager à te dire la vérité, car je suis parfois trop patiente. Reviens-moi vite, car ta présence m'illumine et efface tous mes doutes. J'espère un jour te dire ces mots qui vibrent en moi comme une symphonie silencieuse: je t'aime.

 
Retour à l'accueil

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recommander

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus